Suède

Notation AA1


Risque faible pour les entreprises

  • Risque économique

  • Risque des affaires

  • Risque politique

  • Risque commercial

  • Risque de financement

  • Risque économique

  • Risque des affaires

  • Risque politique

  • Risque commercial

  • Risque de financement

Risques conjoncturels

L’économie suédoise s’est rapidement remise des effets de la pandémie, avec un PIB supérieur de près de 5 % à son niveau d’avant la pandémie fin 2021. En 2022, la croissance a été portée par une demande intérieure solide et un investissement privé robuste. L’économie a toutefois stagné en 2023, la consommation ayant fortement reculé sous l’effet de la hausse des coûts hypothécaires et des tensions inflationnistes, ce qui a fait monter le chômage à 7,7 %. En raison du décalage habituel entre l’évolution de l’activité et celle du marché du travail, le chômage a continué d’augmenter, atteignant 8,4 % en 2024 puis 8,7 % en 2025. Avec l’amélioration progressive de la conjoncture, il devrait refluer à 8,4 % en 2026, puis à 7,8 % fin 2027. La croissance devrait rester soutenue au cours des prochaines années, portée par la hausse rapide des revenus des ménages et par un investissement fixe dynamique, notamment dans les machines et équipements, la défense et la construction. La politique budgétaire est expansionniste, les taux ont été abaissés de 25 points de base à 1,75 % au T3 2025, et l’incertitude commerciale s’atténue, soutenant les exportations nettes. Le budget expansionniste annoncé pour 2026 pourrait ajouter +0,3 point de croissance sur les deux prochaines années, ce qui améliore la confiance, soutient la consommation et devrait renforcer encore le pouvoir d’achat des ménages. Après une hausse de +22 % en 2024 depuis des niveaux bas, les défaillances d’entreprises ont légèrement reculé en 2025 (-0,1 %) et devraient encore diminuer de -0,9 % sur les deux prochaines années. Au total, l’économie suédoise devrait croître de +2,7 % en 2026 et de +2,5 % en 2027.

Les pressions inflationnistes restent modestes, la croissance des salaires passant de 4 % l’an dernier à environ 3,5 % au cours des deux prochaines années. Malgré ce ralentissement, les hausses de salaires restent supérieures à leur niveau d’avant-pandémie, ce qui continue d’alimenter l’inflation, en particulier dans les services. L’inflation globale est restée faible tout au long de 2025, mais les évolutions mondiales ont entraîné une hausse des prix alimentaires et de certains biens en début d’année. Les prix alimentaires pourraient encore être affectés par de nouveaux chocs d’offre à court terme, avant de se stabiliser début 2026. Les prix des autres biens devraient également se stabiliser dans un environnement commercial mondial plus prévisible et avec un taux de change de la couronne suédoise plus stable. À mesure que les effets liés au panier de biens se sont dissipés fin 2025, l’inflation est retombée à +0,3 %. L’inflation globale est ainsi estimée à +0,7 % en 2025, avant une légère accélération à +1,2 % en 2026, puis un retour à la cible de +2 % en 2027.

Même si le solde des administrations publiques suédoises est passé d’un excédent de +0,7 % du PIB en 2022 à un déficit de -0,6 % en 2023, sous l’effet de la baisse des recettes liée au ralentissement économique, de la hausse de la consommation publique et de l’augmentation des dépenses de défense, les finances publiques du pays restent solides. Pour répondre aux besoins d’entretien et de remplacement des infrastructures, développer le secteur énergétique et renforcer ses capacités de défense, le gouvernement prévoit d’augmenter ses dépenses au cours des prochaines années. Dans un contexte de croissance faible et de hausse du chômage, le déficit public s’est encore creusé à -1,9 % en 2024, avant de revenir à -1,0 % en 2025 avec le début de la reprise économique. Nous anticipons un déficit au moins équivalent en 2026, année électorale. Même si la dette publique augmente, elle devrait rester inférieure à l’ancrage de dette fixé à 35 % du PIB sur l’horizon de prévision. Ce niveau demeure faible en comparaison historique, préservant ainsi la confiance dans les finances publiques. La dette publique devrait atteindre 34,4 % en 2026 puis 34,8 % en 2027, ce qui maintiendrait la Suède parmi les économies avancées les moins endettées.

À moyen terme, la stabilité financière pourrait être fragilisée par l’endettement élevé des ménages, principalement lié à l’immobilier et aux prêts hypothécaires, qui représentent environ 80 % du total. La forte baisse des prix immobiliers en 2023, combinée à un niveau d’endettement élevé, à des taux d’intérêt importants et à une économie affaiblie, a accru les coûts hypothécaires supportés par les ménages ces dernières années. Toutefois, la stabilisation du marché immobilier en 2024, la baisse des taux et les premiers signes de reprise en 2025 ont permis à l’endettement des ménages de se stabiliser, puis de reculer légèrement depuis son pic. Le ratio dette/PIB est revenu à 86 % fin 2024 et est resté proche de ce niveau mi-2025. Les nouveaux crédits ont ralenti, les ménages se montrant plus prudents dans leurs emprunts, ce qui suggère une atténuation des risques. Le ratio dette/revenu s’établissait à 180 % fin 2024, mais la solvabilité et l’épargne restent solides, limitant le risque de contagion. Une vigilance reste toutefois nécessaire, compte tenu d’une exposition encore élevée. Malgré des coûts de financement toujours important, la reprise devrait gagner en vigueur en 2026.

La Suède bénéficie de l’un des meilleurs environnements des affaires au monde. Le pays est reconnu pour son innovation, ses solides performances en matière de R&D et son écosystème dynamique de start-up. Il figure également parmi les leaders mondiaux des technologies vertes et des modèles d’économie circulaire. Ce climat favorable s’appuie sur une main-d’œuvre très qualifiée, des infrastructures robustes et une forte attractivité auprès des investisseurs étrangers.

Depuis septembre 2022, la Suède est gouvernée par une coalition réunissant le Parti modéré, les Chrétiens-démocrates et les Libéraux, avec Ulf Kristersson au poste de Premier ministre. Les prochaines élections générales auront lieu à l’automne 2026. Le pays connaît actuellement une transformation importante de sa politique de sécurité et de défense. Depuis son adhésion à l’OTAN en mars 2024, la Suède a déjà doublé ses dépenses de défense par rapport à 2020 et prévoit une hausse significative, comparable à l’effort consenti pendant la guerre froide. L’objectif est d’atteindre 2,8 % du PIB en 2026, 3,1 % en 2028 puis 3,5 % d’ici 2030.

Jasmin Gröschl, Économiste Sénior pour l'Europe
Mis à jour en janvier 2026

Faites glisser pour en voir plus

PIB 610,1 milliards USD (Classement mondial : 23, Banque mondiale 2025)
Population 10,6 millions (Classement mondial : 92, Banque mondiale 2025)
Forme de l'Etat Monarchie constitutionnelle
Chef du gouvernement Ulf Kristersson, Premier Ministre
Prochaines élections 2026, Législatives
  • Main-d’œuvre hautement qualifiée et bien formée
  • Industries manufacturières à forte valeur ajoutée, avec l’un des niveaux de dépenses en R&D les plus élevés au monde
  • Finances publiques solides
  • Institutions fortes et efficaces
  • Forte ouverture aux investissements étrangers
  • Endettement excessif des ménages
  • Coalition gouvernementale fragile
  • Population vieillissante
  • Impôt sur le revenu des personnes physiques élevé par rapport à la moyenne de l’OCDE
  • Coûts salariaux unitaires élevés et marché du travail fortement réglementé

Structure commerciale par destination/origine

(% du total, 2024)

Exportations Rang Importations

Structure commerciale par produit

(% du total, 2024)

Exportations Rang Importations
Afrique