Belgique

Notation A1


Risque faible pour les entreprises

  • Risque économique

  • Risque des affaires

  • Risque politique

  • Risque commercial

  • Risque de financement

  • Risque économique

  • Risque des affaires

  • Risque politique

  • Risque commercial

  • Risque de financement

Risques conjoncturels

L'économie belge a fait preuve de résilience face à la pandémie et aux chocs énergétiques, maintenant une croissance modeste mais constante. L'activité a repris modestement au troisième trimestre 2025, atteignant +0,3 % en glissement trimestriel, après une croissance de +0,2 % au trimestre précédent, portée par un fort rebond dans les secteurs de la construction et de l'industrie, bien que la consommation des ménages ait progressé à un rythme plus lent. L'incertitude mondiale accrue a incité les ménages à augmenter leur épargne de précaution, faisant grimper le taux d'épargne à 12,9 % au deuxième trimestre 2025. En glissement annuel, le PIB a progressé de +1,1 %, soutenu par la hausse des investissements fixes et des dépenses publiques, le secteur des services ayant également enregistré une reprise. L'indexation automatique des salaires et la baisse de l'inflation soutiendront les dépenses privées. Des conditions financières plus souples par rapport à la période 2023-2024, les ressources du NGEU (dont le montant pour la Belgique avoisine les 6 milliards d'euros) et la réduction de l'incertitude commerciale favoriseront la croissance de l'investissement. Dans ce contexte, nous anticipons une accélération de la croissance économique à +1,3 % en 2026 et +1,4 % en 2027.

La dynamique de l'inflation s'améliore progressivement, bien que des pressions sous-jacentes persistent dans le secteur des services. Cette modération globale reflète un net ralentissement de l'inflation des biens, imputable à la baisse des prix des matières premières énergétiques et à une inflation importée contenue. Toutefois, l'inflation des services devrait demeurer relativement élevée, soutenue par la hausse du prix des titres-services et des tarifs des transports publics. Dans l'ensemble, l'inflation devrait poursuivre son recul pour s'établir à 1,9 % en 2026-2027. L'indexation automatique des salaires a contribué à amortir l'impact des chocs de prix sur les consommateurs.

Le marché du travail demeure robuste, mais montre quelques signes de ralentissement, le taux de chômage ayant atteint environ 6,0 % (contre 5,3 % en décembre 2019). Par ailleurs, la main-d'œuvre est moins perçue comme une contrainte à la production et le taux de postes vacants, bien qu'il demeure l'un des plus élevés d'Europe, est retombé en dessous de ses niveaux d'avant la pandémie.

Les fonds du NGEU pourraient apporter un certain soutien aux perspectives économiques au cours des prochains trimestres, environ 40 % des ressources allouées restant encore à décaisser. Les réformes d'accompagnement visent à lever les goulots d'étranglement structurels entravant une croissance durable et soutenable, tandis que les investissements prévus sont conçus pour accélérer la transition vers une économie plus durable, sobre en carbone et résiliente face au changement climatique. Ils cherchent également à maximiser les bénéfices de la transformation numérique et à renforcer la cohésion sociale. En outre, le plan vise à améliorer la performance du marché du travail, parallèlement aux efforts déployés pour rendre les dépenses publiques plus efficientes et budgétairement soutenables. Le montant total des fonds alloués s'élève à 5,9 milliards d'euros, dont 264 millions d'euros sous forme de prêts.

Après des mois de négociations tendues et une grève de trois jours, la coalition à cinq partis est parvenue à un accord budgétaire pour 2026, avant l'échéance de décembre 2025 fixée par le Premier ministre De Wever. Cet accord vise à restaurer la crédibilité politique et à remédier à la situation de la Belgique, qui figure parmi les pays de la zone euro affichant les performances budgétaires les plus fragiles — avec un déficit projeté de 5,5 % du PIB en 2026 et de 5,9 % en 2027 en l'absence de mesures correctives. Les principales mesures prévoient de favoriser le retour au travail des personnes en incapacité de longue durée et d'instaurer des plafonds temporaires à l'indexation automatique des salaires. Les coupes dans les services publics seront compensées par une augmentation des dépenses militaires (portées à 2 % du PIB) ainsi que par des investissements ciblés en faveur de la croissance et de la cohésion sociale. Le report de la réduction de l'impôt sur le revenu, conjugué à la hausse de la TVA et des droits d'accise, aux taxes sur les billets d'avion, au prélèvement sur le commerce électronique et à l'augmentation des taxes sur la fortune et le secteur bancaire, générera collectivement des ressources supplémentaires. Cet ensemble de mesures devrait permettre de réaliser des économies progressives (passant de 2,1 milliards d'euros en 2026 à plus de 9 milliards d'euros en 2029), bien que le déficit doive se maintenir au-dessus de 5 % en 2026 pour ne redescendre qu'entre 4 et 4,5 % d'ici 2029.

Le rattrapage des insolvabilités a débuté précocement, dès 2022, et s'est avéré substantiel, progressant d'environ 20 % par an entre 2021 et 2024. Le nombre de faillites a atteint un sommet inédit depuis 12 ans en 2025, totalisant environ 11 700 cas (+6 %). Les secteurs de la construction, du commerce et de l'hôtellerie-restauration y ont contribué de manière notable, tandis que la plupart des autres secteurs, y compris les services aux particuliers et le transport/stockage, ont également enregistré une hausse. Une réduction significative des insolvabilités n'est attendue qu'en 2027, à mesure que l'économie retrouvera son rythme de croisière. Nous anticipons un retour progressif vers la moyenne de la période 2016-2019 d'ici la fin de l'année 2027, avec environ 11 000 cas en 2026 et 9 900 en 2027.

Le secteur industriel belge continue de faire face à des vents contraires persistants, le moral des industriels restant morose dans un contexte marqué par l'incertitude du commerce mondial, des pressions cycliques et des défis structurels profondément enracinés. Tandis que les secteurs des services et de la construction ont enregistré des gains modestes, l'activité industrielle a, pour l'essentiel, stagné. En 2024, le secteur a représenté 13,2 % de la valeur ajoutée brute belge aux prix courants ; à eux seuls, les produits pharmaceutiques (23,0 %), l'agroalimentaire (16,2 %), la chimie (12,0 %) et la métallurgie (10,5 %) ont totalisé près des deux tiers de cette valeur. Pourtant, même ces industries de poids lourd ne font preuve que d'un dynamisme limité. Le secteur pharmaceutique, traditionnellement un pilier de résilience, a été fragilisé par l'intensification de la concurrence internationale et par un fléchissement de la demande consécutif aux coupes budgétaires affectant les programmes d'aide humanitaire américains. La chimie reste atone et l'industrie agroalimentaire, bien que stable, manque d'élan. De nombreuses entreprises privilégient la maîtrise des coûts, orientant principalement leurs investissements vers les mises aux normes environnementales imposées par la réglementation, plutôt que vers des innovations axées sur la croissance. Le secteur de la fabrication de matériel de défense fait toutefois figure d'exception : l'augmentation des dépenses militaires y a stimulé le chiffre d'affaires et amélioré les perspectives des entreprises opérant sur ce créneau.

La Belgique demeure une destination extrêmement attrayante pour l'investissement. Le pays est stratégiquement situé au cœur de l'Europe et abrite de nombreuses institutions de l'UE, l'OTAN ainsi que les sièges de nombreuses entreprises multinationales. Il dispose d'infrastructures ferroviaires, aériennes et maritimes de dimension internationale, ce qui en fait l'un des sites les plus privilégiés pour l'industrie et la logistique.

La Belgique est gouvernée par une coalition de cinq partis dirigée par le Premier ministre Bart De Wever, issu de la Nouvelle Alliance flamande (N-VA). Cette coalition regroupe des partis issus des deux côtés de la fracture linguistique, reflétant ainsi la structure fédérale de la Belgique et la nécessité d'une coopération intercommunautaire. Le paysage politique demeure fortement fragmenté, de nombreux partis représentant des intérêts linguistiques et régionaux divers. Cette fragmentation donne souvent lieu à des négociations complexes et à des compromis pour former et maintenir un gouvernement stable.

Maddalena Martini, Économiste Sénior pour l'Europe du Sud et Benelux
Mis à jour en janvier 2026

Faites glisser pour en voir plus

PIB 664,6 milliards USD (Classement mondial : 21, Banque mondiale 2025)
Population 11,9 millions (Classement mondial : 81, Banque mondiale 2025)
Forme de l'Etat Monarchie constitutionnelle parlementaire
Chef du gouvernement Bart De Wever (Premier Ministre)
Prochaines élections 2029, Législatives
  • Croissance modérée et résilience face à de multiples crises
  • Marché du travail résilient
  • Consommation privée soutenue par un mécanisme d'indexation des salaires
  • Le secteur financier fait preuve de résilience, le secteur bancaire a amélioré sa rentabilité et sa situation en capital
  • Situation stratégique au cœur de l'Europe, siège d'institutions internationales et terre d'accueil pour les travailleurs
  • Sous une surveillance budgétaire strict de l'UE, compte tenu d'un important déficit public et d'un ratio d'endettement public élevé
  • L'indexation automatique des salaires se traduit par des pressions sur les prix plus persistantes et nuit à la compétitivité
  • Pays tourné vers l'exportation, qui souffre d'un environnement de faible demande mondiale
  • Le secteur manufacturier est confronté à des vents contraires persistants
  • La fragmentation politique perdure

Structure commerciale par destination/origine

(% du total, 2024)

Exportations Rang Importations

Structure commerciale par produit

(% du total, 2024)

Exportations Rang Importations
Afrique