Risque sensible pour les entreprises
Sénégal
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Risques politiques
Le PIB du Sénégal poursuit son essor grâce à l'ajout de l'extraction pétrolière et gazière dans le nord du pays, exportant entre 3 et 4 millions de barils par mois. Après +7,8 % en 2025, la croissance pour 2026 et 2027 est projetée à +5,8 % et +5,6 % respectivement. Cependant, malgré d'excellents chiffres de croissance, le Sénégal a fait face à des difficultés de liquidité liées à une dette mal déclarée par l'administration précédente, estimée entre 7 et 13 Mds USD, représentant jusqu'à 40 % du PIB. Le secteur agricole est en cours de modernisation, grâce aux initiatives politiques de l'administration actuelle, qui a accru ses achats d'intrants agricoles (engrais et semences), offrant un accès plus large et moins coûteux aux agriculteurs, parallèlement à un programme de motorisation visant à rendre les agriculteurs plus productifs (seuls 11 % des agriculteurs ont accès à un tracteur). Le Sénégal a également bénéficié de la flambée du cours de l'or, la valeur des exportations d'or ayant bondi de plus de +200 % en octobre 2025 en glissement annuel.
L'inflation devrait augmenter à 1,9 % en glissement annuel en 2026, contre 1,1 % en 2025. Compte tenu de la légère hausse de l'inflation, la BCEAO a maintenu son taux directeur à 3,25 %, tout en soutenant l'accumulation accrue de réserves. Les risques monétaires du Sénégal proviennent de ses voisins sahéliens sous régime militaire, tels que le Mali ou le Niger, qui ont remis en question la monnaie en raison de ses liens coloniaux. Une rupture avec le franc CFA sans plan étudié apporterait de l'instabilité, mettant en question la banque centrale et la convertibilité, et entraînerait une inflation plus élevée. Les réserves internationales sont restées stables autour de l'équivalent de 3 Mds USD, mais la mise en commun des devises fortes entre les membres de l'UEMOA atténue partiellement les risques de liquidité.
Depuis la découverte de 7 milliards USD de dette sous-déclarée émise par l'administration précédente de Macky Sall dans le cadre du programme du FMI entre 2020 et 2024, le gouvernement sénégalais dirigé par le Président Faye n'est pas parvenu à un accord avec le FMI fin 2025. La dette est désormais estimée à 132 % du PIB fin 2024, contre les 80 % précédemment déclarés. L'euro-obligation 2031 était à son plus bas niveau en décembre 2025, à 61 centimes pour un dollar, les inquiétudes concernant les paiements aux créanciers extérieurs en 2026 ayant augmenté. S&P a été la dernière agence à dégrader le pays à CCC+. Les détenteurs d'obligations internationales, ainsi que les agences de notation, considèrent que le gouvernement ne peut maintenir les niveaux actuels de dépenses tout en assurant le service de la totalité de la dette de l'année suivante. Toutefois, le gouvernement estime que l'augmentation substantielle des revenus issus des nouvelles recettes pétrolières et gazières devrait soutenir son plan. 40 % de la dette est due aux multilatéraux, tandis que la Chine et la France sont les principaux créanciers bilatéraux, détenant respectivement 40 % et 30 %. La fragmentation des détenteurs d'obligations ralentirait le processus en cas de restructuration, comme l'ont montré les cas de l'Éthiopie ou du Ghana. Des idées innovantes ont été avancées, notamment des échanges de devises sur la dette libellée en USD émise par la Chine pour économiser sur le service de la dette – à l'instar du Kenya – ou des échanges dette-contre-nature.
La position budgétaire du Sénégal reste fragile malgré des améliorations. Le solde global s'établissait à -13,4 % en 2024 et devrait diminuer à -7 % en 2025 et a -5 % en 2026. Le déficit extérieur se réduit également progressivement, passant de -12,5 % en 2024 à une projection de -5 % en 2026, soutenu par l'augmentation des exportations. Le Sénégal est fortement dépendant des importations de produits alimentaires et de pétrole brut et est donc exposé aux évolutions des prix internationaux des matières premières. La volatilité des prix à l'importation, conjuguée à des conditions météorologiques domestiques défavorables, a maintenu un déficit commercial structurel pendant longtemps.
Début 2025, l’opérateur australien du champ pétrolier offshore de Sangomar au Sénégal, a engagé une procédure d’arbitrage contre les autorités fiscales sénégalaises dans le cadre d’un différend de longue date. L’administration fiscale lui réclame 72,6 millions USD d’impôts supplémentaires. L’issue de cette affaire reste incertaine, mais elle pourrait avoir des conséquences pour d’autres investisseurs internationaux, alors que les inquiétudes se renforcent concernant un risque accru de taxation rétroactive sur des contrats signés sous l’administration précédente de Macky Sall. En parallèle, l’Assemblée nationale sénégalaise a adopté en 2025 un nouveau Code des investissements, une réforme majeure pour l’environnement des affaires, qui prévoit des procédures simplifiées et digitalisées, des délais d’approbation plus rapides ainsi que des régimes fiscaux plus stables.
Dans le même temps, parallèlement aux efforts menés dans le secteur agricole, l’administration cherche davantage à encourager la transformation locale des matières premières, notamment dans les secteurs agricole et minier. L’industrie des hydrocarbures s’est également développée, avec le début des exportations de cargaisons de GNL au printemps 2025, dans le cadre d’un projet mené conjointement avec la Mauritanie et reposant sur une unité flottante de production de GNL. Le champ pétrolier sénégalais devrait avoir atteint son pic de production en 2025, avant de décliner par la suite en l’absence de nouvelles découvertes.
Le Sénégal reste classé dans la catégorie des pays à faible développement humain selon l’indice de développement humain, en raison d’un taux d’alphabétisation encore bas, légèrement supérieur à 40 %, d’une espérance de vie relativement limitée, à 68 ans, même si elle demeure supérieure à celle observée dans le reste du Sahel, et d’un PIB par habitant modeste. Depuis l’arrivée au pouvoir de l’administration Faye, la politique économique s’articule autour de deux priorités : la souveraineté et la croissance. Porté par une volonté de rompre avec certaines dépendances héritées de la période coloniale, le nouveau pouvoir sénégalais cherche à réduire le recours à l’aide étrangère et aux créanciers internationaux. L’objectif est de renforcer l’autonomie du pays en matière alimentaire et énergétique tout en soutenant la croissance. Dans le cadre d’un ambitieux plan de développement économique et social sur 25 ans, le gouvernement de Dakar entend financer l’investissement grâce aux revenus des hydrocarbures, tout en affichant un engagement en faveur de la discipline budgétaire. Ce plan prévoit notamment de développer la production agricole et celle d’engrais, ainsi que de renforcer l’industrie manufacturière en transformant davantage les matières premières localement.
Les préoccupations sécuritaires se sont accrues ces derniers mois, alors que le Mali, principal marché d’exportation du Sénégal, fait face à la résurgence d’un groupe terroriste islamiste. En septembre 2023, ce groupe a imposé un blocus sur les carburants au Mali, en menant des attaques contre des camions-citernes à la frontière avec le Sénégal et la Côte d’Ivoire, tout en revendiquant le contrôle de certaines zones frontalières. La durée de cette crise reste incertaine, tout comme la capacité de l’État malien à éviter un effondrement. Une dégradation prolongée de la situation pourrait faire peser des risques sécuritaires sur le Sénégal et accentuer les pressions migratoires vers le pays.
Lluis Dalmau, Economiste pour le Moyen Orient et l’Afrique
Mis à jour en février 2026
Informations générales
Faites glisser pour en voir plus
| PIB | 32,3 milliards USD (Classement mondial : 107, Banque mondiale 2025) |
| Population | 18,5 millions (Classement mondial : 68, Banque mondiale 2025) |
| Forme de l'Etat | République |
| Chef du gouvernement | Bassirou Diomaya FAYE , Président |
| Prochaines élections | 2029 (Présidentielle) |
Forces et faiblesses
Forces
- L’appartenance à l’Union économique et monétaire ouest-africaine UEMOA et l’arrimage au franc CFA apportent un cadre de stabilité économique
- Une stabilité politique préservée malgré d’importantes tensions de liquidité
- La mise en production progressive de champs pétroliers et gaziers devrait soutenir les recettes publiques
Faiblesses
- Une dette publique révisée à 124 % du PIB, soit 40 points de plus que les chiffres précédemment communiqués
- La dégradation de la situation sécuritaire au Mali pourrait avoir des répercussions significatives sur le Sénégal
- Un niveau d’analphabétisme encore élevé dans un contexte de forte croissance démographique
Structure commerciale
Structure commerciale par destination/origine
(% du total, 2024)
| Exportations | Rang | Importations |
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Structure commerciale par produit
(% du total, 2024)
| Exportations | Rang | Importations |
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